dimanche 13 juin 2010

Tsubaki Journal : Le journal des arts martiaux et de la culture asiatique

Tsubaki ou camélia japonica


S'il est un site où toute personne désireuse de pratiquer la Voie à travers un art martial se ressourcera, il s'agit de Tsubaki Journal.
Ici pas de querelle sur l'art martial, l'école ou le style le plus efficace, le plus réaliste etc...Ce sont tous les arts du Budo qui y sont accueillis et chacun y est considéré comme un témoignage singulier de cette quête indicible qu'est la Voie. Humilité et sérieux, ouverture d'esprit et respect sont les maîtres mots de ce site.

En plus d'articles de fond très intéressants comme les explications sur les différents niveaux de signification du kanji "do"; Tsubaki journal est une mine d'or concernant les maîtres japonais contemporains.

Là où la plupart des forums se crêpent le chignon sur la spiritualité, ici la question n'est pas de mise; la présence des maîtres se suffit à elle-même. Je vous conseille par exemple l'entretien avec Hino Sensei où les photos tout autant que les réponses captent par la présence du maître.
En visitant ce site, vous basculerez vraisemblablement sur un second: Budo no Nayami (dont le second titre est "Interrogations et réflexions sur la pratique martiale, le Japon...") . Cette fois-ci, il s'agit du site personnel de M. Léo Tamaki, concepteur du site "Tsubaki Journal". Les sujets y sont plus personnels et disparates: vous y trouverez par exemple les coups de coeur musicaux ou cinématographiques de M. Tamaki. Mais surtout vous y débusquerez des compléments aux articles et interviews de Tsubaki Journal. Et vous allez vous régaler avec par exemple cet article sur la marche traditionnelle japonaise dite marche de Namba. En parcourant ces deux sites, on découvre que le Budo est une réalité toujours vivante et concrète dans le Japon d'aujourd'hui, portée par des maîtres contemporains et accessibles. Et cerise sur le gâteau, il se trouve en France une personne qui les connaît, les fait venir et nous permet de nous initier à cette tradition via les stages ou, pour le moins, les deux sites susnommés.
Bonne visite à vous tous.

mercredi 7 avril 2010

Deux exercices très simples pour acquérir une respiration diaphragmatique

La respiration diaphragmatique est aussi naturelle que difficile à retrouver une fois qu'on a pris l'habitude de respirer avec de mauvais réflexes (liés au stress, à la fatigue, aux mauvaises postures,...). Alors voici deux exercices simplissimes qui vous permettront de redécouvrir la respiration diaphragmatique et les sensations physiques qui l'accompagnent.

Exercice 1

Cet exercice est tiré d'un livre sur le Tai Chi Chuan: "Relaxation, sérénité, équilibre. Sur les traces du tai ki tchuan" Dominique de Wespin, Verviers, Marabout, 1975


S'étendre au pied du lit. Poser les jambes à partir du genou, sur le lit. Respirer passivement en se contentant d'observer la respiration. Celle-ci descendra petit à petit à l'abdomen.


Exercice 2

C'est un exercice que je pratique en cours de théâtre et qui, comme le précédent, donne de bons résultats.

Debout, position hachiji dachi; le bassin en rétroversion. Rentrer les épaules devant soi, étendre les bras en les croisant et poser les paumes des mains l'une contre l'autre (en retournant les paumes). Sentir les bras reposer sur les côtes flottantes. Dans cette position qui contraint toute la cage thoracique et libère le ventre, respirer en surveillant qu'aucune partie du thorax ne bouge. Pour que l'exercice soit correctement exécuté, la personne qui le pratique devra trouver une respiration qui ne mobilise que le bas de l'abdomen: elle redécouvre sa respiration diaphragmatique.



Bon travail

samedi 20 mars 2010

Karatédo et respiration


Comme l'ont abordé déjà plusieurs articles, la respiration est une clé essentielle du travail du karatéka. Elle entre en jeu dans le métabolisme, la décontraction musculaire, le relâchement émotionnel, le lâcher-prise psychique, la connexion au hara, la mobilisation du ki et la méditation.

La respiration est donc la base fondatrice pour une bonne pratique du karaté-do. Retrouver sa respiration naturelle (où le diaphragme (17) en est l'élément moteur) est donc une première étape dans ce travail.

A ce titre, une bonne connaissance du mécanisme respiratoire peut être un premier pas pour une meilleure perception de sa propre respiration. Aussi, je vous invite à lire le dossier sur le site de M. Gastambide, somatothérapeute, qui vous présentera de manière simple et juste (Les informations sur la respiration disponibles sur le Net sont souvent erronées!...) le mécanisme physiologique de la respiration, le lien entre traumatisme psychologique et blocages respiratoires, l'influence de la respiration sur le métabolisme et le psychisme.

Si ce n'est déjà fait, aller voir également la série d'exercices qui vous sont proposés dans la rubrique Exercice de respiration au sein de ce blog, et qui sont repris de techniques employées dans le chant ou le théâtre.

De manière générale toutes les techniques de relaxation travaillent sur la perception et la maîtrise de la respiration "naturelle" comme la sophrologie dont une bonne partie des exercices lie la respiration avec la conscience en tant que "connaissance immédiate que chacun possède de son existence, de ses actes et du monde extérieur"(Caycedo)(Pour en savoir plus, car on voit bien dans la définition que Caycedo donne de la conscience un état proche de la recherche en budo, voici un site de sophrologie qui présente clairement la démarche). Il existe d'autres pratiques comme le rebirth (thérapie psychocorporelle) ou, bien sûr, le yoga.

Toutes les pratiques qui permettent de maîtriser la respiration diaphragmatique sont les bienvenues et si vous en connaissez d'autres, n'hésitez pas à nous les faire connaître en commentaires.

dimanche 31 janvier 2010

Qu'est-ce que le hara?

Le hara (appelé également tanden ou seika tanden) est une zone du corps situé sous le nombril qui s'inscrit dans une conception taoïste de l'organisme humain (dont découlent les médecines chinoise et japonaise traditionnelles).
Physiologiquement, il correspond au centre de gravité du corps humain.


Le vocable "tan den" vient du chinois "dan tien" qui signifie"champ de cinabre". "Ce terme désigne dans le taoïsme, certains lieux du corps, sièges de transformations, de mutations. Le cinabre, ou sulfure de mercure,sous la forme de pierre rouge, est en alchimie chinoise la matière première de la pierre philosophale. En d'autres termes, le cinabre est le matériau de base de l'élaboration de l'or en alchimie externe, de la drogue d'immortalité en alchimie intérieure." *

Les "champs de cinabre" sont au nombre de trois: le champs de cinabre inférieur (le hara), le médian (situé au niveau du plexus solaire) et le supérieur (localisé dans la tête) (Voir le croquis ci-dessus).

L'alchimie intérieure est une pratique du Taoïsme qui, par des exercices du corps, de méditation et de respiration engage le pratiquant dans un cheminement initiatique qui s'articule autour des trois champs de cinabre:

"Dans l'alchimie intérieure à partir des Song, les champs de cinabre sont avant tout les lieux de transformation de l''essence, du souffle et de l'énergie spirituelle: ce sont trois régions du corps autour desquelles sont concentrées les trois étapes du travail psychophysiologique." *

En médecine traditionnelle, le hara est une zone essentielle par laquelle passent l'ensemble des méridiens régulant l'énergie vitale (Ki) dans l'organisme. Ainsi, dans le Shiatsu (technique de régulation du Ki par le toucher des doigts), il existe une spécialisation qui ne s'attache qu'au massage du Hara, l'Ampuku.

Dans les arts martiaux, le hara représente le centre à partir duquel toute technique naît. Une juste utilisation de celui-ci assure la coordination, la vitesse et l'efficience de la technique. De fait, pratiquer un art martial revient également à exercer le hara. Or, ce dernier étant un centre de l'équilibre énergétique de l'organisme et de la quête spirituelle, les arts martiaux vont prendre dans la tradition taoïste une dimension sanitaire et spirituelle (voire religieuse) en plus de sa dimension guerrière.

La perception du Hara passe par des exercices de respiration, de visualisation et des exercices de coordination physique. En se concentrant sur le hara, sa perception permet de canaliser l'esprit et de libérer les réflexes.

*Extraits du livre
"Traité d'alchimie et de physiologie taoïste" de Catherine Despeux, Editions des Deux Océans

dimanche 3 janvier 2010

Traité d'alchimie et de physiologie taoïste


Avertissement:
Le livre présenté ci-après décrit une forme de pratique du Tao qui se rattache à la notion d'"alchimie intérieure". Afin de définir cette notion, je vous fais part de celle du Dr Michel Heller, docteur en Psychologie, qui dans le chapitre consacré au Tao dans son livre "Psychothérapies corporelles" explique utiliser "le terme d'alchimie dans son sens large pour désigner un processus qui cherche à améliorer les dynamiques de l'énergie vitale dans un corps, et à transformer un organisme humain". L'alchimie intérieure est une approche du Tao. Celui-ci peut être abordé également à travers la réflexion philosophique, la gymnastique thérapeutique, les techniques martiales, etc...



Le Tao pour vous, c'est du chinois? Catherine Despeux est là pour vous le traduire!

Son livre, "Traité d'alchimie et de physiologie taoïste" est une présentation et une traduction intégrale d'un livre écrit par Zhao Bichen, un maître taoïste du début du XXème siècle: "Explications claires sur la physiologie et l'hygiène".

Le livre est composé de deux parties:

L'introduction
Le terme est modeste car cette partie représente la moitié du livre et est aussi essentielle pour le néophyte que la suite. C'est un guide remarquable pour nous faire découvrir les notions de base du Tao dans un langage qui soit clair et accessible.

Le Tao s'est développé en Chine à travers une myriade d'écoles qui ont toutes en commun un goût pour la description poétique des phénomènes de ce monde et qui rend leurs explications gracieusement ésotériques. Claire Despeux, avec un sens pédagogique simple et direct éclaire le propos et la philosophie qui y est induite. C'est ainsi que vous découvrirez de quoi il en retourne lorsque l'onparle de "Passe du Destin restauré", "de poser les fondations en cent jours" ou de relier "le pont des pies inférieur" et "le pont des pies supérieur".

La traduction
" Moi, aujourd'hui, j''affronterai le châtiment céleste et j'exposerai clairement les procédés concernant l'essence, le souffle et l'énergie spirituelle. Je les exposerai, les commenterai et en ferai un livre".
C'est en effet la démarche que Zhao Bichen réalise dans son traité où méthodiquement il présente étape par étape les techniques initiatiques enseignés
jusque là oralement et permettant au pratiquant de s'unir au Tao et de viser l'immortalité. Le programme est ambitieux mais au-delà du challenge spirituel, son traité donne une approche globale de la vision taoïste du corps humain et de la manière dont des exercices de respiration, de concentration et autres vont agir sur les éléments de cet organisme pour avancer dans l'initiation. C'est ainsi qu'on apprend comment faire circuler le Chi dans la petite et la grande révolution céleste et éveiller certains méridiens. On y découvre également les notions de souffle extérieur et intérieur. L'initiation comprend trois grandes étapes, chacune attachée à un champs de cinabre (inférieur puis médian puis supérieur), et décrites ainsi:
"Il convient de retourner le cinabre puis de sublimer le corps, le corps étant sublimé de sublimer le souffle, le souffle étant sublimé de sublimer l'énergie spirituelle et ainsi de s'unir au Tao."

Bref, pour tout savoir ou presque sur l'alchimie taoïste, je vous recommande cette lecture dont voici déjà un aperçu.

jeudi 24 décembre 2009

Qi gong, Karaté et Tao

Qu'est-ce que le Qi gong ?

Dixit Wikipédia:
"Le qi gong, chi gong ou chi kung (litt. : « travail du souffle ») est une pratique méditative chinoise, composée de mouvements physiques lents et d'exercices respiratoires, visant à améliorer la circulation du Qi et la santé du pratiquant. Le qi gong est rattaché à la médecine traditionnelle chinoise et à la tradition taoïste."

La vidéo qui vous est présentée ci-dessous à gauche est extraite du site de l'
"Association Yi Quan des Yvelines" et présente des élèves de ce club en train de commencer une séance de Qi gong par des exercices de détente et d'ondulation.
La vidéo à droite montre M. Franck Léger dans un exercice de relaxation des bras préparant au Mawashido: vous ne pourrez que faire le lien entre les deux.




De fait, d'autres parentés apparaissent entre ces sites comme la présentation du Zhang Zhuang (posture de base pour pratiquer le Qi gong) et le positionnement du bassin et la posture de base pour le Mawashido.

Ces rapprochements qui apparaissent entre le Qi gong et le Mawashido (tout en laissant à chacun ses spécificités) permettent de faire le pont entre le karaté et la tradition taoïste.
Or, s'il est vrai qu'aujourd'hui l'approche sportive ou ludique du karaté en a effacé pour une bonne part, le cadre philosophique et spirituel dans lequel il est apparu, cela ne s'applique pas
(encore) autant aux arts de combat chinois (wushu) ou au Qi gong. A ce titre, un site de club comme celui qui vous est indiqué ici ne peut pas aborder la présentation de son activité sans un dossier sur la vision chinoise de l'homme (page que je vous recommande de lire car présentant de façon simple et claire la conception taoïste de l'homme et du corps) et qui aborde par exemple le concept du Qi (en japonais, Ki) tout aussi commun à un karatéka qu'a un adepte du Qi gong. Il en va de même pour le hara qui reste pour la plupart d'entre nous une vague zone sous le nombril qu'il faudrait sentir et que, faute de mieux on identifiera au bassin.

Approfondir la pensée taoïste permet d'éclairer autrement ou de redécouvrir la plupart des enseignements du karaté, non plus en tant que sport uniquement mais en tant que pratique psychocorporelle visant au développement d'un équilibre intérieur. C'est ce que nous verrons dans les articles à suivre.

dimanche 20 décembre 2009

Mawashido ou l'art des courbes

Désolé pour ce long silence, mais mes dernières recherches ont profondément fait évoluer mon approche du karatédo et il faut du temps pour intégrer tout ce nouvel enseignement. Maintenant que je commence à digérer tout cela, je reviens vers vous pour vous le faire partager. Et je pense que votre patience ne sera pas déçue car il y a plus d'un cadeau dans ma hotte...

Alors, en premier lieu, je vous invite à aller visiter le site de M. Franck Léger et sa présentation du mawashido (ou art des courbes), du travail du hara et autres gardes dynamiques.




Comme l'indique M. Léger lui-même: "Le MAWASHI-RYU KARATE-DO a pour origine le Karaté Shotokan de Maître Gichin Funakoshi. Son objectif est de fournir au pratiquant des explications et des outils techniques lui permettant de progresser dans son art.
Il ne s'agit pas d'un nouveau style, c'est plutôt le complément pédagogique permettant aussi bien au professeur qu'à l'élève d'organiser cours et entraînement en solitaire.
"
Et si vous abordez en effet les enseignements présentés de cette manière, les principes de dynamiques corporelles qui sont explicités sur ce site vont vraisemblablement éclairer votre pratique du karaté. Pour ma part, j'ai découvert en pratiquant quelques exercices de mawashido devant ma glace une fluidité et une facilité dans mes gestes que je ne connaissais pas jusque là.
Le site est très fourni (préparation physique, tactiques de combat, techniques, pédagogie,...) et il y a de quoi y rester plusieurs heures. Vous accrocherez sûrement plus sur certaines explications que sur d'autres. A vous d'aller y piocher ce qui vous intéresse. Je vous conseille quand même les vidéos pour l'approche globale qu'elles donnent du karaté à travers le mawashido et les
webcams qui détaillent chacun des exercices permettant de développer la perception du hara.

Pour résumé, ce site présente au moins trois grands intérêts:
  • la présentation des dynamiques corporelles et leur emploi dans les techniques du karaté,
  • les exercices permettant de sentir le hara et d'en faire l'origine de toute technique,
  • le lien, même s'il n'est pas forcément dit, entre le karaté et les arts de combat interne chinois (comme le tai chi chuan) et plus globalement une approche qui permet de relier les techniques du karaté à la vision taoïste de l'homme et du corps humain. (J'aborderai ce point dans l'article suivant.)
Alors, je vous invite à visiter ce site. A consommer sans modération.

Ren's



dimanche 4 octobre 2009

Du nouveau sur le blog "Le Do dans le Karaté"


Deux nouveautés sur le blog
  1. Vous êtes nombreux à visiter ce site depuis des pays non francophones et vous serez peut-être intéressés à en parler autour de vous à des amis qui ne parlent pas français; aussi vous trouverez en haut de la colonne de droite l'application Google "Traduction" permettant la lecture du blog entier dans 57 langues différentes: n'hésitez plus à en parler autour de vous...
  2. Vous avez des questions à me poser, des précisions sur certains articles (notamment sur les exercices de respiration), vous pouvez m'écrire à présent via le lien "Pour me contacter" sur la colonne de droite juste en-dessous du bloc "sommaire/recherche/traduction".
A bientôt,

Ren's