dimanche 31 janvier 2010

Qu'est-ce que le hara?

Le hara (appelé également tanden ou seika tanden) est une zone du corps situé sous le nombril qui s'inscrit dans une conception taoïste de l'organisme humain (dont découlent les médecines chinoise et japonaise traditionnelles).
Physiologiquement, il correspond au centre de gravité du corps humain.


Le vocable "tan den" vient du chinois "dan tien" qui signifie"champ de cinabre". "Ce terme désigne dans le taoïsme, certains lieux du corps, sièges de transformations, de mutations. Le cinabre, ou sulfure de mercure,sous la forme de pierre rouge, est en alchimie chinoise la matière première de la pierre philosophale. En d'autres termes, le cinabre est le matériau de base de l'élaboration de l'or en alchimie externe, de la drogue d'immortalité en alchimie intérieure." *

Les "champs de cinabre" sont au nombre de trois: le champs de cinabre inférieur (le hara), le médian (situé au niveau du plexus solaire) et le supérieur (localisé dans la tête) (Voir le croquis ci-dessus).

L'alchimie intérieure est une pratique du Taoïsme qui, par des exercices du corps, de méditation et de respiration engage le pratiquant dans un cheminement initiatique qui s'articule autour des trois champs de cinabre:

"Dans l'alchimie intérieure à partir des Song, les champs de cinabre sont avant tout les lieux de transformation de l''essence, du souffle et de l'énergie spirituelle: ce sont trois régions du corps autour desquelles sont concentrées les trois étapes du travail psychophysiologique." *

En médecine traditionnelle, le hara est une zone essentielle par laquelle passent l'ensemble des méridiens régulant l'énergie vitale (Ki) dans l'organisme. Ainsi, dans le Shiatsu (technique de régulation du Ki par le toucher des doigts), il existe une spécialisation qui ne s'attache qu'au massage du Hara, l'Ampuku.

Dans les arts martiaux, le hara représente le centre à partir duquel toute technique naît. Une juste utilisation de celui-ci assure la coordination, la vitesse et l'efficience de la technique. De fait, pratiquer un art martial revient également à exercer le hara. Or, ce dernier étant un centre de l'équilibre énergétique de l'organisme et de la quête spirituelle, les arts martiaux vont prendre dans la tradition taoïste une dimension sanitaire et spirituelle (voire religieuse) en plus de sa dimension guerrière.

La perception du Hara passe par des exercices de respiration, de visualisation et des exercices de coordination physique. En se concentrant sur le hara, sa perception permet de canaliser l'esprit et de libérer les réflexes.

*Extraits du livre
"Traité d'alchimie et de physiologie taoïste" de Catherine Despeux, Editions des Deux Océans

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